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Artiste:
Gérard Ansaloni
Titre:
La Nuit De Triptolème
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La nuit va s'effondrer, c'est l'heure magnétique On me frappe au cerveau, je sens que l'on me pique ! Je devrais me coucher, demander un docteur Mais voilà que démarre un étrange moteur Débarqué depuis peu dans ces climats terrestres J'ai voulu m'isoler, littérateur pédestre, Et me voilà vêtu, n'ayant plus de hasard Enfant du menuisier, sur la plage, en costard Attendant la marée, l'éclusier qui débloque Les péniches bourrées de rimes soliloques Ma tête est luxueuse et par ses corridors Tapissés de velours, de portraits de mentors Pour qui promènerait, éclaterait le faste Ou la discrétion des hommes de ma caste En entrant tout de suite, un taureau toulousain Impeccable sculpteur, mon aimable cousin Puis le pauvre Lélian endormi sur la terre Qu'un automnal feuillet nous a montré, mon frère Voici un Italien ! J'ai vu votre maison Technicien Florentin, ma comméroraison... Et celui-là tout seul, le seul, le vrai, l'unique Au club des Parisiens exilés aux Belgiques Enfants paralytiques, à vous je dois ce jour Le travail de l'esprit où n'est jamais l'amour ! Parlons des livres saints, usons la vérité La garce a bien raison de se vautrer l'été Les cuisses écartées "Ah, la bonne mangeoire" La versification engendrera sa gloire Où l'on verra dans une mandorle, un sizain Suffit ! J'en ai assez, ah, qu'on me donne du vin ! Tout d'abord, il me faut un nouvel engrenage Des pensées inversées, lâcheté du courage Allez, viens, ma guitare, on va faire gémir Ma chanson de soûlaud, jusques en Agadir Inclina ad me aurem tuam, accelera ut eripias me Accelera ut eripias me, accelara ut Dedans cette cervelle où je vais, herborise Comme Abélard à Lachaise son Héloïse Dedans cette cervelle est un brouillard chiffon Rompu par les ardeurs et l'esprit des boissons Cependant ne crois pas que la beauté suffise, L'ivresse est calculée et sa putain soumise Donc l'impair n'est conçu que sous le fouet vicieux De règles phénixiennes raides comme queue Galère, sue donc ton sang ! Rameur, vers d'autres siècles ! Répertoire des plaies, je n'ai pas de noblesse Galère, sue donc ton sang ! Rameur, vers d'autres siècles ! Répertoire des plaies, je n'ai pas de noblesse Il y a d'autres lieux... (d'autres lieux) C'est parfois dans l'alcôve où suinte un reptile Que la rime se fait et que mouille le style Sur un bras blond et fade où naît l'irritation Une bouche qui bave, algorithme du con ! Ce peut être aussi là ou sur la cuisse brune D'une Andalouse nue, ce peut être ta lune J'ai vu dans un livre une porcine raideur Fouir sa césure de l'une de mes s?urs Changeons donc de programme Laissons là ces plaisirs, il y a la beauté Que l'on ne voit jamais sans rester aveuglé D'abord, les paradis que je ne connais pas Au moins les îles, les altiplanos incas Et ce sont des cascades, des platanes verts en hiver ! On y bat sur l'enclume des fers Dont on fend les citrons et des figues barbares Des amis me l'ont dit, on y joue des guitares ! Certains hommes tout nus martèlent des tam-tams Du cuivre chaud... C'était peut-être ailleurs... Au Siam ? Ah, les fleurs de velours, les edelweiss crème, J'en avais autrefois, souvenirs de "je t'aime" Venus des Pyrénées. Il paraît qu'un tombeau Y abrite Pyrée. Le ski est donc au beau Je sais un pont à Prague où valsent des fantômes Ne me demandez pas ni comment et ni comme ! Hélas, tout est perdu, je ne m'en souviens plus J'ai tant lu de livres que la beauté s'émût Sous le Pont Mirabeau, plus rien ne me va plus Quel est donc cet ange, fouillant des cieux la fange ? On a bu de l'éther et brûlé le Maroc, Qui donc nous ordonnait de pisser dans nos frocs ? Il me parle ! Ainsi qu'au Triptolème mythique Colporteur des blés d'or, chargé comme bourrique Ma cervelle cassée et "Va, bouge ton cul Porteur de palabres, joue ton shakuhachi !" Je suis un vitrier, tout le monde l'ignore Dans le bus du matin, on ne voit pas éclore Les transparences bleues... Ou bien alors, les gens Les confondent avec les brumes de Cachan Voilà qu'il me fait faire métier du poète ? J'ai toujours eu horreur de ces gens, des esthètes J'étais à l'origine un mathématicien Le front carré, surveillant des jeux plébéiens Je réglais les combats, soufflais dedans les cuivres Attribuant des lots, j'étais fort souvent ivre C'est pour ce travail-là, je sais, que je suis né Il y a bien longtemps, pendant un mois d'été Il y a bien longtemps, sur une autre planète Hélas, il me fait faire métier du poète Et j'ai la pose inventée du penseur de salon Surtout quand je suis seul, je relis mes souillons Il m'arrive parfois même d'avoir plaisir, Au fond, je suis un grand, un très très grand fakir, Superbe programmeur de l'humaine psyché ! Mon ange, parle-moi, fais-moi un bout rimé Imaginez un âne autour d'un puits tournant Hi-han, hi-han, hi-han, hi-han, hi-han, hi-han Je n'ai jamais reçu un franc pour une rime Mais on me paye mal à longueur de déprime À croire que l'on m'aime avec le mal de foi On m'aime, c'est cela, bien gavé comme une oie Ou comme un ataxique au système de Seyre Pendu par la mâchoire : une humaine bannière ! Et vive la chanson, un, deux, trois, un, deux, trois ! "Chanson bourrique Rue Saint-Denis, je trique Chanson d'ivrogne Cul de vin sans vergogne Elles ont les seins, les bras verts, les vierges Elles ont des raies mouillées qui nous ciergent L'hiver leur fait des frissons Des chairs de poule, plumons ! Chanson bourrique Hissons les murs, cyniques Chanson d'ivrogne Faisons notre besogne À danser comme elles font sur nos bites On se prend pour des limeurs sélénites Jamais nos mères, jamais N'ont eu de si belles plaies" Vous ne connaissez pas les drogues numériques ? Sur la scène, il y a les passions lubriques Les amours de Bardot et d'un cadre moyen Basinger décédée au vit du citoyen Et si vous préférez, rencontrez le seizième Louis dans ses travaux (C'est le néant que j'aime) Ou bien jouez aussi à recréer encore La cervelle d'un dieu pour faire un bon décor Vous pourrez, à Carnac, guillotiner un druide Selon que vous serez nazi ou androïde C'est fonction random, facturée quelques francs Le plaisir quotidien, quelques francs pour un Franc D'accord, je prends Soissons dont on fait tout un vase Je signe au paraclet et je baise les Laze Je prends la formule un pour driver Lancelot Du lac, je fais la mare, et fous Chopin dans l'eau Je continue, pour vous, si vous aimez les flaques Un programme Rimbaud, formidable, un cloaque ! On vous trempe dedans comme dans un égout Et vous en sortirez, selon c'est votre goût, En garce de seize ans ou assassin de trente Programme proposé par un artiste en rente Marchand de vidéo, un très, très grand artiste Un très, très grand artiste, il est Samson trappiste On vous fera tout ça pour un dollar, six sous Avec rien sur la scène, ni dessus dessous Pardonner ? Moi ? Jamais ! Ou les culs des vessies Seront les yeux, les catadioptres du Messie ! On vous fera tout ça pour un dollar, six sous Avec rien sur la scène, ni dessus dessous J'ai parfois des visions (tu devrais mieux te taire) Je joue un jeu d'enfer (souviens-toi de te taire) Donne-moi une rime et je ne dirai rien Donne, donne... Merci, merci esprit malsain J'ai parfois des visions, des échos qui me suivent Je serai Manichée quand ma mère était juive Nous savons qui je suis, je n'ai peur que de moi Il faut... Attention, attention à moi ! J'ai parfois des visions où des maisons de laine Tricotent des hivers dans les mains de Guylaine Pour le moment, il faut reprendre le marteau Mettre ma tête au feu et bien serrer l'étau Puis, naïf artisan, vous faire un artifice De bouquets, de vers et de mots de haute lice Vous broder une porte avec des oisillons Des amours qui volent au creux des portillons De gentilles icônes, des pieds sans babouches Pas l'?uvre de Ducasse, une rose à la bouche Une chanson facile, une rime de cour ? Plutôt un nerf de b?uf sur le cul de l'Amour ! Je vais te faire un sort, un pétard islamique À faire mouiller la Mort, les vieux auront la trique ! Quelle que soit ma façon, ce sera ton bonheur (Je tutoie quand il faut les enfants, les catcheurs) Tu vas voir, tu vas voir, ça commence amerloque On fout le feu partout, New York, Los Angeloques ! Les tout-petits enfants vont prendre les pianos Taper comme Bartók sur les ré, fa, la, do J'en connais bien certains, muets comme les carpes Qui vont chanter des airs pour imiter les harpes Les âmes rajeunies prennent les violons Ça fait du petit bois pour les hivers trop longs Quand le Russe s'en va, cognant l'or de ses portes Frappant et demandant "Moussorgski, tu m'escortes ?" Sur les plaines dorées des nuits de Sibérie Je connais des chevaux qui savent le sanscrit Galopent les siècles en poursuivant l'écume Du fond du Kamtchatka jusqu'aux oiseaux de plumes Les grands oiseaux de feu nichés aux USA Les aigles étoilés, sorciers de Paul Dukas Il est vrai que l'Histoire est ronde, circulaire Comme une orange verte, orange militaire Je sais que l'Univers est rond, fini, muré Prenez une fusée, mettez-la aux nuées Tout droit, toujours tout droit, toute harnachée d'époque Elle nous reviendra par les Indes, en cloque Engrossée de nouveaux mondes toujours pareils Quand on aura trop bu, au Dieu Gangâ pareils Bu les péchés du monde, on aura des roulottes Chargées de nouveaux fruits, de mangues, de griottes Pour revenir vers Terre aux nuits de Sibérie Je connais des fusées qui sauront le sanscrit Si on allait là-bas, bien loin de leurs salaires De leurs soucis, les leurs, bien loin de leurs horaires (qu'ils se les gardent, là dans leurs villas, tout seuls) Tenez, prenez donc tout, nous gardons les glaïeuls Gardez-donc vos métros, treizièmes mois, vacances Téléphones ?Bonjour !- nous garderons la chance Celle de n'être pas bien nés, mon Dieu merci Nos vivrons bien sans vous, gardez vos parapluies Nous irons au soleil, rien de plus détestable à nos yeux Nous mettrons des pardessus de table - Je vous offre un café ? Voici la Colombie L'étoile du berger aux nuits de mon pays Des prophètes sixteens, mon baptême en chapelle Avez-vous vu Burroughs, que des femmes sont belles Messieurs les présidents, messieurs les présidents L'hôpital de Neuilly, américain dedans Vous serez bien dedans, nous sauterons vos femmes Elles aiment déjà et moi j'aime les drames Seigneur, que ma musique est belle. Oh ! pardon Votre inspiration, je vous rends votre don Finalement ma peine, ma grande fatigue Est un très grand bienfait, un fruit mûr, une figue Je me souviens d'avant, quand j'ignorais le temps Comme si... souviens-toi, j'aimais tant, j'aimais tant Les tartines beurrées, les sorties de l'école Les marronniers tombés, les pastels et la colle La senteur des pastels sur des filles les flancs Ou l'odeur très fade de l'encre bleue du clan Cours moyen, c'est la secte, l'abri des génies Les enfants de dix ans ont toujours du génie Ça tricote l'esprit, les marronniers tombés Émotion brutale, une pierre sculptée J'avais quoi, mes dix ans ? J'étais un grand artiste J'ai fait, je m'en souviens, un visage très triste Ça tricote l'esprit dans les jardins publics Encore loin d'Hollywood et puis du baron Bich On partira, tu sais, tout près de notre ville Parce qu'on se ferait un sang d'encre, une bile Si l'on allait trop loin, ta fille s'ennuierait Dépassé l'Univers, ma fille s'ennuierait Et je les vois déjà, à la main la machette, La Marlboro au bec, gagneurs de cacahuètes ! J'en ai à dégueuler de ces coca-coleurs De leurs gueules de clowns, voleurs, tricheurs, menteurs Grands télé-marketeurs, business de mon cul, merde ! Ils ne m'auront jamais ! Qu'ils décident, qu'ils perdent Et nous aurons demain, je le veux, des décès Solitaires et nus, tout embaumés, feutrés En poussant nos cercueils, nous aurons la tristesse Je cueillerai pour toi leur connerie en liesse Tu verras qu'ils voudront être plus cons que nous ! Il y a des chances qu'ils nous volent nos poux ! Nous qui n'en avons pas, nous sommes bien trop sales Et c'est un beau soleil, ce matin, que ce soleil bancal